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Artisanat basque : linge, makila, espadrilles, chistera et txapela — où les acheter

Les objets emblématiques du Pays basque et les ateliers qui les fabriquent encore : linge basque, makila de Larressore, espadrilles de Mauléon, chistera d'Anglet, txapela de Tolosa. Histoire, visites et conseils d'achat.

Par Eztebe4 min

Un souvenir du Pays basque, ça peut être bien plus qu'un magnet : ici, plusieurs ateliers fabriquent encore sur place des objets transmis de génération en génération. Voici les grands classiques, et où les trouver à la source.

Le linge basque

Linge basque rayé en coton épais

À l'origine, la toile basque était une toile de lin qui protégeait le bétail des insectes. Elle est devenue linge de maison : nappes, torchons, serviettes. Ses rayures sont souvent présentées comme un rappel des sept provinces basques. En 1953, une quinzaine de tisserands se sont regroupés pour encadrer la production dans les Basses-Pyrénées.

Aujourd'hui, trois tisserands produisent encore du linge basque dans la zone :

  • Lartigue 1910 — fondée en 1910 par Calixte Lartigue près d'Oloron-Sainte-Marie, la maison tissait d'abord de la toile pour espadrilles avant de passer au linge basque dans les années 1980. Elle tisse à Bidos et, depuis 2012, dans un atelier-boutique à Ascain. Entreprise du patrimoine vivant depuis 2017, elle a obtenu l'indication géographique « Linge basque » en 2021. Boutiques à Ascain, Saint-Jean-de-Luz, Espelette, Biarritz, Bayonne et Bidos.
  • Ona Tiss — créée en 1949, elle fabriquait elle aussi de la toile à espadrilles avant de se tourner vers le linge de maison dans les années 1980.
  • Tissage Moutet — fondé en 1919 à Orthez, en Béarn, pionnier du tissage jacquard aux motifs colorés.

Conseil : pour un linge authentique, cherchez la mention de l'indication géographique « Linge basque ».

Le makila, le bâton basque

Makila, bâton basque en bois de néflier gravé

Bâton de marche et arme à la fois, le makila est un objet d'honneur : on l'offre à des personnalités, jusqu'aux papes et aux chefs d'État. Sa tige est en néflier, travaillé sur pied deux ou trois ans avant la coupe : on scarifie l'écorce à la montée de sève pour créer les motifs. Le bois sèche ensuite dix à vingt ans. Viroles en laiton, maillechort, argent ou or, poignée en cuir tressé, pommeau en corne ou en métal.

  • Atelier Ainciart Bergara, à Larressore — la famille Ainciart fabrique des makilas depuis les années 1780 ; en 1926, Marie-Jeanne Ainciart épouse Jean Bergara, d'où le double nom. Chaque makila est fait sur mesure, selon la morphologie de son futur propriétaire, avec gravure du nom et d'une devise basque. Le savoir-faire est inscrit à l'inventaire du patrimoine culturel immatériel en France. Visite gratuite de l'atelier, du lundi au vendredi (8h-12h, 14h-18h) et le samedi matin (9h-12h), hors jours fériés. À une quinzaine de minutes de Bayonne.

L'espadrille de Mauléon

Artisan cousant une espadrille à semelle de jute

Mauléon, en Soule, est la ville de l'espadrille. Au début du XIXe siècle, la famille Béguerie y lance une fabrication à grande échelle. Entre 1896 et 1911, le nombre d'ouvriers passe de 537 à 1 585, dont une grande part de saisonnières venues d'Espagne, les « hirondelles ». En 1976, la ville produit environ 15 millions de paires par an avec 3 000 ouvriers, avant un fort déclin au milieu des années 1990, quand la grande distribution se fournit en Asie.

Quelques fabricants perpétuent le savoir-faire, parmi lesquels Armaite, Tauzin Père et Fils, Megam, Prodiso et Don Quichosse. Chez Armaite, on coud environ 12 paires par jour à la main, contre 700 à 1 000 à la machine : les modèles cousus main sont donc rares. Une demande d'indication géographique « Espadrille de Mauléon » a été déposée en 2016, mais elle a été rejetée.

La chistera

Le grand gant d'osier des joueurs de pelote se fabrique toujours à la main à Anglet, à la Fabrique de chisteras Gonzalez, tenue par la même famille depuis 1887. On peut la visiter sur rendez-vous (en français) : visites guidées le lundi, le mercredi et le vendredi à 17h (5 € par adulte). Pour la pelote elle-même, lisez notre guide de la pelote basque.

La txapela de Tolosa

Txapela, le béret basque en laine noire

De l'autre côté de la frontière, à Tolosa, Boinas Elósegui fabrique des bérets depuis 1858. L'entreprise, fondée par Antonio Elósegui, se présente comme le seul fabricant de bérets en Europe à réaliser toutes les étapes au même endroit. Les bérets sont en laine mérinos ; le foulage, qui donne son aspect feutré au tissu, dure environ quatre heures.

Nos conseils d'achat

  • Achetez à l'atelier quand c'est possible : vous verrez le savoir-faire et vous êtes sûr de l'origine.
  • Méfiez-vous des imitations : linge « façon basque » ou espadrilles importées sont très répandus dans les boutiques de souvenirs.
  • Pour un makila, prévoyez de passer commande : il est fait sur mesure.

Sources

Ongi etorri — et bon shopping !

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